Les larmes des roses n'effritent pas le temps (poème)

Les larmes des roses n'effritent pas le temps (poème)

Les larmes des roses
N'effritent pas le temps.




Les larmes des roses
N'effritent pas le temps.
Les épines s'opposent à ce qui brise le vent
Et dans le crépuscule
S'éveillent les pétales de la rosée,
Qui, entre de fine main posé,
Surplombe les péninsules.
Les hivers silencieux
Étendent leur solitude.
En mille lieux
Se perçoit leur turpitude.
La neige brûle.
En ces mots, elle déchire.
L'air pullule,
De glace qui expire.

J'aimerais dormir là,
Entre les lignes congelées.
Me préparer au trépas,
Puis sombrer dans l'oublié
La rose continue sa course.
Effrénée, elle suffoque.
Le soleil se moque.
Et jusqu'à la petite ourse,
Les fleurs suivent les astres.
Combien de fois les ait-je contemplés ?
Aussi longtemps qu'elles se sont accouplés,
J'ai observé les bourrasques,
Qui déferlait des cieux.
Sans poser de question, je me suis approché d 'eux,
J'ai piqué de mon aiguillon
Et j'ai rêvé le long des arbres.
La saveur de la Verveine
A enivrer mes sens macabres.
Je me suis infligé des peines.
J'ai expié et hurlé ma douleur.
Mais la rose me tenait compagnie.
Quand elle changeait de couleur
Je lui racontais les méandres de la vie.
Elle se défrichait à mes mots,
Ces stigmates en étaient la preuve.
Au matin elle était neuve,
Et grandissant devenait mon fardeau.

Les semaines ayant passé
Je suis retourné à la ville
Je me suis perdu dans un quartier
Et j'ai découvert les créatures les plus viles.
De leur patte à leur nez atrophié
Dégoulinait une bave vétuste
J'ai pris peur à les regarder.
Je me suis enfui dans une cave peu robuste,
Les poutres de l'âges se sont effondrées.
Les lucioles qui emplissaient mon esprit
Se sont alors évadés dans la nuit.
Autour de moi régnai le chaos.
Des corps hurlait dans les braises des cachots,
Et seul j'observais ce spectacle ignoble ;
Que des démons en horde
Mettait en scène entre des cordes.
Par-delà les champs et les vignobles,
La rose pleurait mon supplice prochain.
Ma pénurie commença quand un beau matin
La fleur qui avait suivi mes pas,
Dans le givre ne se réveilla pas.


# Posté le jeudi 27 mars 2008 08:06

F/G Romance (episode 6)

F/G Romance (episode 6)
Cher lecteur, chère lectrice.

J'ai mis plus de deux mois pour écrire cette fin, manque d'ie, de temps, d'envie, d'inspiration, bref...en gros la voila :D
Elle marque la fin de cette premre saison et une ouverture sur une suite bien plus corsée ;).



F
/
G
Romance





Épisode 6 : Déclaration



*
Dans la croisée du regard de Calice et Ivan un tremblement s'évapore. Un souvenir et un avenir commun traduit par une vibration du c½ur. Assis à la terrasse de la boîte de nuit du Mégalopolis, Calice scrute Ivan accroché à un tuyau. Elle recule surprise.

CALICE
Mais qu'est-ce que vous faîte ?...Que voulez-vous ?
Ivan grimpe le tuyau et arrive sur la terrasse, Calice recule, sur sa garde. Ivan prend un air décontracté et regarde autour de lui.
IVAN
Moi ? Rien heu...Je...

Entendant le rythme de la musique il se met à gesticuler.
Je danse ! Regardez ! (il bouge ses bras dans tous les sens)
Vous voyez ?! (il se donne un coup de poing dans le nez, glisse et s'écroule par terre)
Calice explose de rire. Ivan à terre se malaxe le nez. Calice s'accroupit.

CALICE
Non sérieusement, vous n'êtes pas là pour ça...Monsieur le gothique. (elle sourit) Cette coupe ne vous va pas vraiment bien au passage.
Ivan se relève et détache ses longs cheveux noirs. Il observe la jeune fille. Les yeux dans les yeux. Un tintement du coeur qui vient parcourir chaque veine et parsemer une vibration enivrante le long de tout le corps. Le sol se met alors à vibrer, une nouvelle musique électro vient de commencer dans la boîte. Dans les rues fraîches et encore endormis de la ville, la boîte de nuit bas son plein. Dans les alentours de la boîte des danseurs encore emporté par l'ambiance de la fête exercent des mouvements de danse avec leur bras devant leurs amis à moitié ivre. Sur le toit Ivan et Calice se fixe. Ivan avance.

CALICE
Vous faîte un faux pas et j'hurle. Je connais les videurs ici, il vous mettrait dehors aussi sec.
Que voulez-vous ?

IVAN
Je...

CALICE
Dépêchez-vous ou je crie.

IVAN
Non non...

CALICE
Alors ?

IVAN
Je...En fait...

CALICE
Bon je crie.

IVAN
Je n'ai rien à vous dire de spéciale...La raison même qui me pousse à venir discuter avec vous m'est même assez inconnue. C'est même l'une des choses les plus folles que j'ai fait.
(il pose son bras sur la rambarde de la terrasse) Je vous avais vue dans le train, il y a quelque jour, je m'en souviens. Comme vous l'avez vu, je n'ai rien à voire avec votre univers, ce coté flashi, blanc à paillette avec cette musique de tapette, ça me donne même la nausée. Je sais juste qu'au moment où j'ai croisé l'éclat de vos yeux je me suis senti capable de traverser toutes les peines du monde rien que pour continuer à le voire poser sur moi. Je pense que c'était une idée folle de venir, mais aussi folle que cette idée soi elle m'a permis de pouvoir vous revoir, vous approcher et continuer à voire ce regard devenu si précieux.
(Calice détourne le regard)
Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je ne pense pas que mon dialogue vous fasse sens. Ça ne m'étonnerait pas une nouvelle fois...(Ivan se retourne comme pour s'en aller)

CALICE
Il fait sens au contraire. Ce monde d'où vous venez, et auquel vous appartenez, il me fait peur et me fascine à la fois. Il me paraît violent, agressif, triste et sombre, mais pourtant Le mien finis par m'ennuyer et me lasser. (elle le regarde) Comme si tout se répétait sans cesse...

IVAN
(il se retourne vers elle)
Comme un ennui perpétuel et sans fin...

CALICE
Où personne ne peut comprendre ce qu'il nous arrive...

IVAN
Et nous aider...

Les lèvres de Calice se froissent. Plus aucun mot. La rose entre les mains Calice abaisse la tête et la fixe. Ivan s'approche et prend les mains de Calice. Une caresse le long des doigts. Les yeux sombres d'Ivan dans les yeux bleus de Calice.
Soudain Saphia ouvre la porte de la terrasse. Calice tourne la tête.

SAPHIA
On te cherchait partout. Tu viens, on s'en va. Le bus va partir.

CALICE
J'arrive.
Calice tourne la tête. Ivan a disparu. La fashion se penche à la rambarde. Au loin Ivan marche dans les rues déserte son ombre dessinant une cape. Un vent doux vient entourer les cheveux blond décoloré de Calice. Elle prends la rose qu'elle caresse doucement. Elle en humecte l'odeur puis soupir. Elle repose la rose.
Je ne connais même pas ton nom...
Elle s'en va, laissant la rose. Elle ferme la porte et quitte la terrasse. La rose est soufflée par le vent. Une main l'arrache d'un coup et la fracasse par terre. Un homme l'écrase, la réduisant en copeau.

DRISS
Salopard de gothique...






F
/
G
Romance
fin de saison 1

# Posté le dimanche 27 avril 2008 19:44

Les éclosions du temps- Nénuphar (nouvelle)

Les éclosions du temps- Nénuphar (nouvelle)


Par là où brûle le temps
Par là où brûle le vent
Nous empruntons le chemin de feuilles mortes.
Par là où pleurent les roses.
Par là où meurent les choses.
Nous voyageons comme dans la serrure d'une porte.
Et au petit matin nous ne restons que souvenir...







Nénuphar


Je ne m'étais encore jamais baladé la nuit, seul dans un parc en plein mois de Juin, à observer la faune qui tâte de ses premiers rêves. La nature s'estompe peu à peu quand les derniers rayons du soleil rejoignent enfin l'autre surface du globe pour laisser place à un univers nouveau. J'aime entendre le grésillon murmurant des insectes de l'obscurité. Chaque parcelle d'élément répond à l'autre. Il arrive parfois qu'un souffle doux venant des nuages soulève la crête verte des plantes repliées, on ne les laissera donc jamais dormir. Et dans ma grande rêverie, je me suis approché d'un bassin d'eau où des nénuphars en soutenaient la surface. De petits poissons aux écailles d'argent sillonnaient encore les recoins du bassin, baigné par la lune. Je me suis assis au rebord. La soufflerie aquatique laissait ressortir un jet d'eau qui s'illuminait à la vue des premières étoiles. Je ne pensais à rien, et c'était agréable. Une journée chargée et longue que je voulais oublier. Et c'est en écoutant à l'unisson l'orchestre rythmique de la nature que je me suis assoupi. Rêve ou réalité, je n'ai jamais su. L'½il à demi ouvert une forme aqueuse est lentement sortie du jet d'eau pour me tenir compagnie. Je me suis subitement levé, croyant rêvé. En face de moi se trouvait une femme à demi nue enveloppée dans plusieurs couches de drap blanc écaillé. Sa peau était tellement fluide et liquide que l'éclat de la lune, seule source de lumière dans le Parc, la façonnait tel un diamant rare. Son visage lisse et enchanteur était bordé par des yeux bleus à l'allure de corail. Elle s'est alors approchée de moi. « Attendez » lui ai-je dit doucement, « je ne vous connais pas ». Elle m'a souri puis d'un clignement des yeux, m'a enroulé dans son manteau écaillé. Enivré dans le flot d'une nappe miroitante, j'avais l'impression de me retrouver dans une coquille maternante. La nymphe approcha son visage doux prés du mien, puis mes lèvres caressèrent les siennes. Quand j'ai de nouveau cligné des yeux, une masse d'eau titanesque s'effondrait sur moi. Il pleuvait, et les nénuphars, seul témoin immergé de la scène, s'était endormi.

# Posté le mercredi 27 août 2008 21:33